✦ À retenir

La France possède 7 zones bioclimatiques offrant une diversité botanique exceptionnelle pour la distillation. De la lavande provençale aux algues bretonnes, en passant par la gentiane alpine et l'angélique de Niort, chaque terroir contribue des botaniques uniques aux spiritueux français. 27 Botanica réunit 27 de ces plantes dans sa recette secrète.

La France, un trésor de biodiversité botanique

Quand on pense aux grandes régions productrices de gin, l'Angleterre et les Pays-Bas viennent immédiatement à l'esprit. Pourtant, aucun de ces pays ne peut rivaliser avec la France sur un terrain décisif : la diversité botanique. Avec ses 7 zones bioclimatiques distinctes, la France métropolitaine abrite plus de 6 000 espèces de plantes vasculaires, dont plusieurs centaines présentent un intérêt direct pour la distillation.

27
Nombre de plantes et botaniques dans la recette secrète de 27 Botanica, toutes sourcées sur le territoire français.

Cette richesse n'est pas un hasard géographique. La France est le seul pays d'Europe occidentale à combiner un littoral atlantique, un littoral méditerranéen, des massifs alpins dépassant 4 000 mètres, des plaines céréalières, des causses calcaires et une île montagneuse comme la Corse. Chacun de ces écosystèmes a développé une flore spécifique, adaptée à son sol, son ensoleillement et son régime de pluies.

Pour les distillateurs, cette mosaïque de terroirs est une aubaine. Là où un producteur londonien doit importer la quasi-totalité de ses botaniques, un gin-maker français peut constituer une palette aromatique complète en ne s'approvisionnant qu'à l'intérieur de ses frontières. C'est précisément cette philosophie du 100% terroir français qui anime les nouvelles distilleries artisanales.

Provence : le jardin aromatique de la Méditerranée

Si la Provence devait se résumer à un registre olfactif, ce serait celui des herbes du maquis chauffées par le soleil de juillet. Cette région, bénie par plus de 2 800 heures d'ensoleillement annuel et des sols calcaires drainants, produit les plantes aromatiques les plus concentrées en huiles essentielles de tout l'Hexagone.

La lavande, emblème et signature

La lavande fine (Lavandula angustifolia) des plateaux de Haute-Provence, cultivée entre 600 et 1 400 mètres d'altitude, est bien plus qu'un symbole touristique. En distillation, elle apporte des notes florales puissantes mais élégantes, un soupçon de camphre et une douceur balsamique qui arrondit les assemblages. La lavande de Sault, récoltée en juillet lorsque les tiges sont en pleine floraison, est particulièrement prisée pour sa finesse. Le lavandin, hybride plus productif mais moins subtil, est réservé aux usages industriels : les distillateurs artisanaux ne jurent que par la lavande fine AOP.

Thym, romarin et sarriette : la trinité méditerranéenne

Le thym sauvage (Thymus vulgaris) des garrigues du Luberon développe dans les spiritueux des notes chaudes, légèrement poivrées et terreuses. Le romarin (Rosmarinus officinalis) apporte une fraîcheur résineuse et camphrée, tandis que la sarriette des montagnes contribue un piquant poivré qui structure le palais. Ces trois plantes, récoltées entre mai et septembre, sont traditionnellement utilisées en macération avant distillation pour extraire leurs composés les plus profonds.

2 800 h
D'ensoleillement annuel en Provence, concentrant les huiles essentielles des plantes aromatiques à des niveaux inégalés en Europe du Nord.

Fenouil sauvage et immortelle

Le fenouil sauvage des collines varoises offre des notes anisées douces et une légère amertume qui rappelle la réglisse. Combiné à l'immortelle (Helichrysum italicum), dont les fleurs jaunes séchées libèrent un arôme unique de curry et de caramel, il constitue un duo botanique typiquement provençal. Ces plantes sont généralement ajoutées dans le panier vapeur de l'alambic, permettant aux vapeurs d'alcool de capturer leurs essences les plus volatiles sans extraire d'amertume excessive.

Alpes et montagnes : les plantes de l'altitude

L'arc alpin français, du Mercantour au Mont-Blanc, abrite une flore de montagne aux propriétés aromatiques extraordinaires. La rigueur du climat — hivers longs, UV intenses, sols minéraux — pousse les plantes à produire des concentrations élevées de composés aromatiques comme mécanisme de protection. C'est cette même rudesse qui confère aux botaniques alpines leur caractère intense et complexe.

La gentiane jaune : l'amertume noble

La gentiane jaune (Gentiana lutea), dont les racines sont récoltées après 7 à 10 ans de croissance dans les pâturages d'altitude du Massif Central et des Alpes, est l'une des botaniques les plus puissantes du répertoire français. Son amertume franche et ses notes terreuses structurent un spiritueux comme rien d'autre ne peut le faire. En Auvergne, la récolte de la gentiane est un savoir-faire ancestral : les "gentianaires" arrachent les racines à la fourche entre septembre et octobre, lorsque la plante a accumulé le maximum d'amertume. Une seule racine peut peser jusqu'à 5 kilogrammes après une décennie de croissance.

Génépi : le secret des alpages

Le génépi (Artemisia glacialis et Artemisia umbelliformis) pousse exclusivement au-dessus de 2 500 mètres d'altitude, sur les moraines glaciaires et les éboulis. Cette plante rare, dont la cueillette est strictement réglementée (40 brins par personne et par jour dans la plupart des départements alpins), développe des notes herbacées complexes, entre absinthe douce, camomille et miel de montagne. Dans un gin, le génépi apporte une dimension aromatique alpine impossible à reproduire avec des botaniques de plaine.

Achillée millefeuille et serpolet

L'achillée millefeuille (Achillea millefolium) des prairies alpines offre des notes amères et camphrées qui se marient remarquablement avec le genièvre. Le serpolet (Thymus serpyllum), cousin montagnard du thym, développe en altitude un profil plus citronné et floral que son homologue méditerranéen, avec des notes de menthe et de bergamote qui surprennent par leur fraîcheur.

Chaque plante alpine raconte l'histoire de son altitude. À 2 000 mètres, le thym n'est plus le même qu'à 200 mètres — les UV transforment sa chimie, concentrent ses arômes. C'est cette alchimie naturelle que nous capturons dans l'alambic.

Bretagne : les saveurs maritimes et iodées

La Bretagne occupe une place à part dans la cartographie botanique française. Balayée par les embruns atlantiques, bénéficiant d'un climat océanique doux et humide, la péninsule armoricaine a développé une flore littorale unique qui apporte aux spiritueux une dimension maritime qu'aucune autre région d'Europe ne peut revendiquer avec autant de légitimité.

Les algues : l'innovation bretonne

L'utilisation d'algues dans la distillation est une innovation relativement récente, mais elle révolutionne le profil aromatique des gins français. Le kombu breton (Laminaria digitata), récolté à marée basse sur les côtes du Finistère, apporte des notes umami subtiles, une salinité douce et une profondeur marine qui rappelle l'air du large. Le wakamé de Bretagne (Undaria pinnatifida) contribue des notes plus douces, légèrement sucrées, tandis que la dulse (Palmaria palmata) offre un profil noisette-iodé surprenant.

800+
Espèces d'algues recensées sur le littoral breton, dont une vingtaine présentent un intérêt pour la distillation artisanale.

L'immortelle des dunes et la criste-marine

L'immortelle des dunes (Helichrysum stoechas), différente de sa cousine méditerranéenne, développe sur le littoral breton un profil plus salin et herbacé, avec des notes de curry atténuées par l'empreinte maritime. La criste-marine (Crithmum maritimum), que l'on cueille sur les falaises battues par les vents, apporte un goût iodé intense, des notes de céleri sauvage et une fraîcheur citronnée caractéristique. Ces plantes du littoral, combinées dans un gin, créent une signature aromatique immédiatement reconnaissable : on sent la Bretagne dans le verre.

L'ajonc et la bruyère : la lande dans le verre

Les fleurs d'ajonc (Ulex europaeus), au parfum envoûtant de noix de coco et de vanille, sont utilisées par quelques distillateurs bretons audacieux. La bruyère cendrée (Erica cinerea), dont les petites fleurs roses tapissent les landes de l'Argoat, apporte des notes mielleuses et légèrement fumées qui rappellent les tourbières écossaises — un pont aromatique fascinant entre deux traditions de distillation.

Sud-Ouest et Vallée de la Loire : les botaniques fondamentales

Si la Provence et la Bretagne offrent l'exotisme, le Sud-Ouest et la Vallée de la Loire fournissent les piliers aromatiques de la distillation française. C'est dans ces régions que poussent les deux botaniques les plus essentielles après le genièvre : l'angélique et l'iris.

L'angélique de Niort : le fixateur d'arômes

La ville de Niort, dans les Deux-Sèvres, est le centre historique de la culture de l'angélique (Angelica archangelica) en France. Cette plante majestueuse, dont la racine est utilisée en distillation depuis le Moyen Âge, joue un rôle technique crucial : elle agit comme fixateur d'arômes, permettant aux notes volatiles des autres botaniques de persister plus longtemps en bouche. Son profil aromatique propre — musc, terre humide, notes poivrées et légèrement amères — constitue l'ossature de nombreux gins de qualité. Sans angélique, un gin perd sa profondeur et sa persistance.

Le genièvre sauvage des causses

Les causses calcaires du Quercy (Lot, Aveyron) abritent des peuplements de genévrier commun (Juniperus communis) d'une qualité exceptionnelle. Les sols pauvres et le climat sec de ces plateaux karstiques stressent les arbustes, qui produisent en réponse des baies plus petites mais considérablement plus concentrées en huiles essentielles que les baies importées des Balkans ou de Turquie. Un kilogramme de baies de genièvre des causses contient jusqu'à 2,5% d'huile essentielle, contre 1 à 1,5% pour les baies d'importation. Cette concentration se traduit par des notes résineuses plus profondes, une touche citronnée plus nette et un caractère boisé plus affirmé.

2,5%
Taux d'huile essentielle dans les baies de genièvre sauvage des causses du Quercy — presque le double des baies d'importation standard.

L'iris de Florence et le Bassin parisien

Bien que son nom évoque l'Italie, l'iris pallide (Iris pallida) est cultivé en France depuis des siècles, notamment en Île-de-France et dans le Centre. Ses rhizomes, séchés pendant 3 à 5 ans avant utilisation (un processus appelé "séchage à la palette"), développent un composé unique : l'irone. Cette molécule confère aux spiritueux des notes poudrées, violettées et d'une élégance rare. L'iris est l'une des botaniques les plus coûteuses du monde — un kilogramme de "beurre d'iris" (l'absolu obtenu par extraction) vaut plus de 40 000 euros — ce qui explique que son usage soit réservé aux gins les plus prestigieux.

La Corse : un micro-continent botanique

La Corse mérite une mention particulière dans cette cartographie. Île-montagne culminant à 2 706 mètres, elle concentre sur un territoire restreint une biodiversité botanique stupéfiante. Le myrte corse (Myrtus communis), aux baies bleu-noir au parfum de résine et de cassis, est l'emblème de l'île. Le cédrat corse (Citrus medica), agrume ancien aux zestes extraordinairement parfumés, offre des notes citronnées plus complexes et amères que le citron classique. L'immortelle corse, poussant sur les sols granitiques du maquis, développe un profil distinct de ses cousines provençale et bretonne, plus résineux et puissant. Ces botaniques insulaires, forgées par l'isolement et un terroir granitique unique, ajoutent une dimension méditerranéenne sauvage aux assemblages.

27 Botanica : la synthèse de tous les terroirs

C'est précisément cette richesse botanique qui a inspiré la création de 27 Botanica, la maison de gin artisanal du groupe Velmond Spirits. Le chiffre 27 n'est pas un hasard marketing : il correspond au nombre exact de plantes et botaniques qui composent la recette, toutes sourcées sur le territoire français.

Une philosophie de sourcing territorial

Chaque plante de la recette de 27 Botanica provient d'un terroir identifié et d'un producteur référencé. La lavande vient de Sault, l'angélique de Niort, le genièvre des causses du Lot, les algues du Finistère nord, la gentiane du Cantal, le génépi de Savoie. Ce n'est pas un assemblage aléatoire : c'est une cartographie liquide de la France, où chaque gorgée traverse les régions.

La recette exacte reste secrète, mais le processus de distillation combine deux techniques complémentaires : une macération longue (48 heures) des botaniques "lourdes" — racines d'angélique, baies de genièvre, écorces — dans un alcool de grain français, suivie d'une distillation en alambic de cuivre avec un panier vapeur contenant les botaniques "légères" — fleurs de lavande, feuilles de thym, zestes de cédrat. Cette double approche permet de capturer à la fois la profondeur des racines et la vivacité des fleurs.

7
Terroirs français différents représentés dans la recette de 27 Botanica : Provence, Alpes, Bretagne, Sud-Ouest, Loire, Île-de-France et Corse.

L'avantage de la biodiversité française

À l'échelle mondiale, la France fait figure d'exception. Le Royaume-Uni, berceau du London Dry Gin, ne possède qu'une seule zone bioclimatique (océanique tempérée). Les Pays-Bas, patrie historique du genever, sont encore plus homogènes. L'Espagne et l'Italie offrent davantage de diversité, mais leurs traditions de gin sont plus récentes et moins structurées.

La France combine trois avantages décisifs : une biodiversité végétale de premier plan, une tradition de distillation pluriséculaire (eaux-de-vie, liqueurs, absinthes) et un mouvement contemporain de retour aux terroirs locaux qui pousse les distillateurs à explorer leur patrimoine botanique plutôt qu'à importer des ingrédients standardisés. C'est cette convergence qui fait du gin français l'un des plus passionnants au monde aujourd'hui.

Pour ceux qui souhaitent explorer cette richesse dans le verre, nous recommandons de commencer par un gin tonic parfait avec un gin botanique français, en utilisant un tonic neutre qui laisse s'exprimer les plantes. Vous pouvez également découvrir l'histoire détaillée des 27 plantes et terroirs qui composent l'âme de 27 Botanica.

Un gin français n'est pas un gin anglais fait en France. C'est un spiritueux qui parle la langue de nos terroirs — en lavande, en gentiane, en algue, en genièvre sauvage. Chaque région de France a quelque chose à dire dans un verre.

Questions fréquentes sur les botaniques françaises

Quelles sont les principales botaniques utilisées dans le gin français ?

Les principales botaniques du gin français sont le genièvre (base obligatoire), l'angélique de Niort (fixateur d'arômes), l'iris de Florence cultivé en Île-de-France (notes poudrées), la lavande de Provence, le thym et le romarin méditerranéens, ainsi que les algues bretonnes. Chaque région apporte ses plantes endémiques, créant une palette aromatique incomparable.

Où pousse le genièvre en France ?

Le genièvre commun (Juniperus communis) pousse à l'état sauvage dans plusieurs régions françaises : les causses du Sud-Ouest (Lot, Aveyron), les garrigues méditerranéennes, les Alpes et le Jura. Les baies les plus prisées pour la distillation proviennent des causses calcaires du Quercy et des contreforts pyrénéens, où le climat sec et les sols pauvres concentrent les huiles essentielles.

Qu'est-ce qui rend les botaniques françaises uniques ?

La France bénéficie de 7 zones bioclimatiques distinctes, de l'océanique au méditerranéen en passant par l'alpin, offrant une biodiversité botanique parmi les plus riches d'Europe. Cette diversité permet aux distillateurs de sourcer localement des plantes aux profils aromatiques variés — iodées en Bretagne, solaires en Provence, alpines en Savoie — sans équivalent dans aucun autre pays producteur de gin.

Comment les botaniques sont-elles extraites pour les spiritueux ?

Deux méthodes principales sont utilisées : la macération (les plantes trempent dans l'alcool neutre pendant 24 à 72 heures avant distillation, extrayant les composés lourds et les tanins) et la percolation en panier vapeur (les vapeurs d'alcool traversent un panier de botaniques suspendues, capturant les arômes les plus délicats et volatils). Les meilleurs gins combinent les deux techniques pour un profil complet.

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VH

Valentin Haeck

Fondateur de Velmond Spirits, Valentin réunit 6 maisons artisanales françaises sous une même vision : prouver que la France produit des spiritueux d'exception. Passionné par les terroirs et le savoir-faire français.